Censuré par le RN, Jazz à Vauvert accueilli à Vergèze avec l'appui du conseil régional, du conseil départemental et de son vice président délégué à la culture, le communiste Patrick Malavieille (24/04/2026)
Annulé par le maire d’extrême droite, le festival jazz à Vauvert sera accueilli par la commune de Vergèze les 26 et 27 juin avec le soutien du département du Gard et de la région Occitanie.
Récidive. Après avoir annulé une exposition de photographies, le maire d’extrême droite de Vauvert, élu le 22 mars, Nicolas Meizonnet, s’en prend à un événement culturel majeur, le festival Jazz à Vauvert porté depuis 12 ans par l’association Jazz à Junas.
« Face à cette décision brutale prise par la nouvelle majorité d’extrême droite, une solidarité immédiate s’est mise en place de la part des élus locaux, des bénévoles, des artistes et des techniciens. L’association Jazz à Junas, avec le soutien spécifique de la ville de Vergèze, du Département du Gard et de la Région Occitanie, a décidé de créer, pour cette année, Jazz à Vergèze ».
« Le jazz trouve terre d’accueil à Vergèze », a souligné la maire de la commune, Pascale Fortunat-Deschamps (DVG) qui souhaite « bienvenue à Jazz à Junas les 26 et 27 juin ».
Ce festival accueillera plusieurs grands noms du jazz, comme Youn Sun Nah, Erik Truffaz, ou encore Bojan Z.
Vice-président du Département du Gard, délégué à la culture, Patrick Malavieille (PCF) a œuvré pour que ce festival ne disparaisse pas. Il rappelle que l’événement a aussi permis « d’approcher plus de 8 000 scolaires qui ont découvert le monde du jazz grâce aux concerts pédagogiques, en lien avec l’éducation artistique ». Si le maintien du festival est « une bonne nouvelle malgré tout », Patrick Malavieille estime que « l’heure est grave de voir ces manifestations culturelles complètement anéanties par une forme de sectarisme et de populisme ». L’heure de la résistance est plus que jamais d’actualité.
Le jazz comme musique politique
Mais cette décision municipale touche à quelque chose de plus large. Elle remet au centre une question ancienne : que fait la politique à l’art, et que fait l’art à la politique ? Le jazz, ici, n’est pas neutre. Il ne l’a jamais été.
Né de l’oppression des Afro-Américains, traversé par les luttes, porté par des figures qui ont fait de la scène un espace de résistance, il garde en lui cette mémoire. Quand Billie Holiday chante Strange Fruit en 1939, ce n’est pas qu’un morceau, c’est un acte de dénonciation des lynchages racistes. Sa chanson dérange, elle ne peut pas être programmée dans les grandes salles. Quand Frank Sinatra refuse de jouer dans des salles ségrégées, c’est un combat politique et humain.
Quand à Téhéran, jouer du jazz et chanter la liberté peut être passible d’emprisonnement, c’est une forme d’opposition au régime.
16:59 | Tags : jazz, festival, vauvert | Lien permanent | Commentaires (0)
